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Former
et améliorer les capacités de direction
dans la haute fonction publique
Certains
pays ont créé une institution spécialisée pour former et améliorer
les capacités de direction dans la haute fonction publique.
De plus, de nombreux pays semblent mettre l’accent sur la
formation de formateurs de dirigeants. Ainsi, l’Autriche,
la Belgique, la Finlande, le Japon, la Corée, les Pays-Bas,
la Pologne et le Portugal ont mis sur pied de nouveaux cours
de formation à l’intention du personnel de direction ou des
cadres.
Zoom
sur le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Etats-Unis.
"Les
stratégies de développement de l’art de conduire
appliquées à la fonction publique du Royaume-Uni sont exposées dans le premier exemple national. Le Livre
blanc Modernising Government,
publié en mars 1999, propose un programme de réforme
à long terme applicable à l’ensemble des services publics
du Royaume-Uni.
La
stratégie repose sur trois axes : 1) la définition
des qualités de direction requises aujourd’hui et demain,
afin de recruter en conséquence ; 2) le ciblage
et l’efficacité des programmes de formation ; 3) l’ouverture
et la diversification de la fonction publique.
La
grille des compétences essentielles de la fonction publique
britannique est en cours d’actualisation dans le cadre d’un
projet plus vaste de réforme des méthodes de gestion des rémunérations
et des performances. L’objectif est d’élaborer une grille
qui reflète mieux l’organisation diversifiée, plus créative,
plus stratégique et axée sur l’élément humain.
En
Allemagne, aucune disposition permanente
n’organise la constitution très à l’avance d’un vivier de
cadres supérieurs. Comme la sélection des futurs cadres supérieurs
se fait dans le cadre général de la mise en valeur des ressources
humaines, le déroulement de la carrière des futurs cadres
supérieurs peut s’étendre sur plusieurs années.
Au
niveau fédéral, de nombreux ministères et organismes publics
ont défini leurs propres concepts de perfectionnement du personnel.
L’un des objectifs essentiels est d’encourager la polyvalence.
Comme les tâches des ministères sont complexes et que leurs
programmes changent souvent, il faut pouvoir disposer d’agents
hautement qualifiés, mais en même temps mobiles et polyvalents.
Afin de développer leurs qualités de chef, les futurs cadres
supérieurs des ministères fédéraux sont souvent affectés à
un organisme public où ils peuvent apprendre l’art de conduire
dès le début de leur carrière.
La
formation en cours d’emploi est un élément essentiel de la
mise en valeur des ressources humaines. Elle a pour but d’augmenter
l’efficacité du travail des agents et de les qualifier pour
l’avancement, notamment pour les nommer à un poste de direction.
Pour favoriser l’art de conduire en équipe et le perfectionnement
du personnel, les supérieurs hiérarchiques organisent des
entretiens approfondis une fois par an au moins.
Les
futurs cadres supérieurs doivent prendre part à un programme
de formation obligatoire organisé par les ministères fédéraux
en coopération avec l’École fédérale d’administration publique.
L’École est l’institut central au service de la haute fonction
publique fédérale. Le programme dure au total six semaines,
réparties sur les trois premières années de service du fonctionnaire
dans l’administration fédérale. Il comprend une phase d’orientation,
une formation à la coopération interdisciplinaire et une action
en faveur de qualifications essentielles, par exemple “formation
et travail d’équipe” et “l’art de conduire et le perfectionnement”.
Les cadres supérieurs confirmés peuvent suivre un stage de
trois semaines dans le secteur privé et des séminaires de
suivi. Pour le personnel supérieur de direction, il est prévu
une conférence des directeurs et des conseils individualisés
dans l’art de conduire.
Au
niveau des Länder, différents principes sont appliqués
à la formation des cadres. On mentionnera tout particulièrement
les modèles de formation à long terme des futurs cadres supérieurs.
L’École de direction du Bade-Wurtemberg propose un cycle de
formation de quinze mois, dont trois mois de séminaire
d’initiation, trois mois de stage en entreprise ou dans
un organisme public à l’étranger et quatre mois d’études
intensives. Les participants bénéficient d’un congé spécial
et sont détachés à l’École. âgés
de 36 ans en moyenne, ils ont vocation à devenir des
cadres supérieurs.
Le
Collège de direction de la fonction publique, à Spire, offre
seize semaines de cours réparties sur deux ans et demi,
suivies d’un stage. Les fonctionnaires participants restent
en fonctions à leur poste, mais bénéficient d’un congé pour
suivre six semaines de cours chaque année. Les participants
occupent un poste de direction ou assumeront sous peu des
fonctions de direction. Aucun des deux programmes ne garantit
une promotion aux participants. Dans les deux cas, il est
difficile de trouver des candidats, parce que la hiérarchie
refuse généralement de se priver de ces bons éléments le temps
que dure leur formation.
Aux
États-Unis, pour former et améliorer les
capacités de direction dans la haute fonction publique, l’US Office of Personnel Management (OPM)
entend axer la formation et le perfectionnement des agents
publics sur l’amélioration des performances et l’obtention
de résultats qui servent les missions et les objectifs du
service.
L’une
des stratégies adoptées à cet effet consiste à définir un
ensemble de caractéristiques essentielles et de compétences
de direction, les Executive Core Qualifications (ECQ), qui servent à la sélection des
candidats au Senior
Executive Service (SES), le plus haut niveau de la fonction
publique. L’OPM a défini et validé ces compétences au moyen
d’un programme permanent d’études mené par ses propres psychologues,
avec le concours d’éminents experts de l’évaluation.
La
première de ces qualifications ECQ, Leading
Change (Conduire le changement), doit encourager la réflexion
créatrice, tout en associant les objectifs prioritaires nationaux
et ceux des programmes pour améliorer le service aux clients
et l’efficacité des programmes. La deuxième, Leading People (Conduire les hommes), est
centrée sur l’exploitation optimale du potentiel des agents
et la défense d’une grande exigence déontologique. La troisième,
Results Driven (Le souci des résultats), met l’accent sur les résultats,
au moyen de l’obligation d’en rendre compte et de l’effort
permanent qu’ils imposent. La quatrième, Business
Acumen (Le sens aigu de la mission), est centrée sur l’utilisation
des technologies nouvelles et de l’information pour assurer
la prise de décision. Enfin, la dernière, Building
Coalitions and Communications (Rassembler et communiquer),
met l’accent sur la capacité d’expliquer et de convaincre,
de négocier avec des individus et des groupes, et d’organiser
un vaste réseau professionnel.
Ces ECQ et les vingt-sept compétences qui les définissent servent à :
·
cerner les
besoins individuels de perfectionnement dans le cadre des
programmes officiels, agréés par l’OPM, de perfectionnement
des candidats ;
·
sélectionner
et certifier les candidats à la haute fonction publique (SES) ;
·
mesurer les
performances de ces nouveaux dirigeants au cours de leur première
année d’exercice.
Les
ECQ sont aussi à la base du cursus de perfectionnement des
cadres et dirigeants. L’Office of Executive and Management Development
(OEMD, Office de perfectionnement des cadres et dirigeants)
organise, au Federal
Executive Institute de nombreux états,
des stages inter-administrations de formation et de perfectionnement
aux fonctions de direction. Il s’agit d’un parcours de perfectionnement
des hauts fonctionnaires, le “Leadership
Journey”, qui comprend des programmes d’évaluation, des
séminaires et des possibilités de formation continue fondées
sur les ECQ et conformes aux valeurs et aux principes de la
Constitution.
À
titre d’exemple des stratégies de perfectionnement des cadres
de direction adoptées par les différents organismes publics,
on citera celle du Trésor, qui a mis sur pied un programme
de stages de deux semaines à l’intention de son personnel
de direction, le Treasury
Executive Leadership Program. Durant la première semaine,
ces cadres supérieurs apprennent à connaître leur efficacité
personnelle par diverses méthodes et, à l’issue de cette première
semaine, chacun se fixe un plan d’action personnel. Les stagiaires
reviennent trois mois plus tard pour réfléchir sur les résultats
de leur plan d’action et mettre l’accent sur l’efficacité
de l’organisation. Chaque “promotion” de 16 à 20 cadres
supérieurs est coiffée d’un “parrain” choisi parmi les plus
hauts fonctionnaires du Trésor pour jouer le rôle de catalyseur,
à la fois pendant le stage et une fois le stagiaire revenu
sur le terrain. Ce programme a suscité des réactions très
favorables."
Extrait
du compte-rendu de la réunion du
Groupe de travail sur la Gestion des ressources humaines (3-4.07.2000),
PUMA-OCDE
Pour
en savoir plus
La
haute fonction publique : bilan d'une réforme au Canada, au
Royaume-Uni et aux États-Unis,
étude PUMA - OCDE (1999)
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