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Espagne
Un
système entièrement fiscalisé
Le financement du système de santé repose désormais
exclusivement sur l'impôt et sur les dépenses
sociales de l'Etat.
L'essentiel de la dépense budgétaire est affecté au financement
de l'offre de soins :
Dépenses
du système de santé (1999)
Source
: Presupuesto Insalud 1999 - Ministère de la santé et
de la consommation
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Sept
Communautés autonomes gèrent les dépenses de santé
Sept communautés sur 17 sont concernées par
ces transferts, mais elles représentent 62% de la population
espagnole. D'ici 2002 - 2004, l'ensemble des compétences
sera entièrement transféré aux communautés
autonomes.
Un décret (20.01.1995) définit la nature des
services que le système de santé doit assurer.
Très peu sont exclus. Par ailleurs, certaines régions
peuvent décider d'élargir le panier de santé
offert. C'est par exemple le cas de l'Andalousir qui continue
de rembourser certains médicaments pour lesquels un
déremboursement avait été décidé
au niveau central.
L'Etat conservera toujours un rôle dans le financement
du système à travers la répartition du
budget de la santé entre les communautés. Les
critères de répartition retenus et appliqués
pour faire correspondre au mieux le budget alloué et
les besoins réels sont :
-
98 % des financements sont distribués en fonction du volume
de la population couverte ;
- 0,5 % sont distribués via un fonds de modulation financière
qui compense les pertes éventuelles de population d'une année
sur l'autre ;
- 1,4 % sont répartis via un fonds visant à prendre en considération,
d'une part, les personnes " déplacées " et, d'autre part,
certaines technologies ou activités de pointe, comme les greffes.
Des
modes de gestion plus souples
Depuis 1997, le parelement autorise de nouvelles formes de
gestion au sein du système national de santé,
à travers la conversion volontaire d'hôpitaux
publics en "fondations publiques sanitaires" dotées
d'une plus grande autonomie de gestion. Le personnel existant
conserve son statut de fonctionnaire tandis que les nouveaux
entrants relèveront d'un statut privé.
"C'est
ainsi que, depuis cette année, fonctionne dans la Communauté
de Valence un hôpital construit et géré par des groupes privés
sous concession publique : c'est en effet le budget de la
santé qui finance le fonctionnement de l'hôpital moyennant
une redevance forfaitaire calculée en fonction du nombre de
personnes relevant de l'aire géographique couverte par cet
hôpital.
Cette formule a permis de réaliser des économies substantielles
en comparaison avec une gestion publique, en raison notamment
d'une politique salariale incitative avec une partie fixe
et une partie variable, d'un moindre ratio de personnel par
lit, d'une diminution de la durée des séjours et d'une meilleure
organisation des achats. "
Un "Plan
stratégique pour l'INSALUD" a été
adopté fin 1997 pour moderniser l'offre de soins. Son
point de départ était le double constat de l'allongement
des listes d'attentes pour accéder au système
de soins d'une part, et l'insuffisante motivation des personnels
médicaux d'autre part.
Selon
eux, en effet :
" les professionnels de santé ne reçoivent pas les encouragements
nécessaires pour participer à la gestion des processus qui
dépendent directement de leurs interventions. La structure
et l'organisation des prestations d'INSALUD s'inscrivent dans
un modèle administratif de type bureaucratique réglementé
à outrance et manquant de la souplesse nécessaire pour répondre
aux changements permanents demandés par la société et les
professionnels.
"Cet état de choses nécessite, non seulement une modernisation
et une adaptation à l'évolution de notre société mais aussi,
dans le prolongement de la loi n° 15 du 25 avril 1997 relative
à l'élaboration de nouvelles formes de gestion au sein du
système de santé public, l'introduction d'innovations pour
permettre à ce dernier de répondre aux exigences du public
et des professionnels. "
Les principes fondamentaux de ce Plan sont " le libre choix
du patient et la qualité garantie tout au long de la chaîne
de soins par la promotion d'une meilleure motivation et d'une
plus grande participation des professionnels à la gestion
de la santé ".
Ce plan stratégique comprend les éléments suivants : " orientation
vers l'usager, création d'un système de concurrence réglementée
impliquant une définition et une séparation des fonctions
d'achat et de fourniture ; autogestion des établissements
de soins par l'obtention d'un statut juridique ; motivation
et encouragement des professionnels à participer à la gestion
; amélioration constante de la qualité. " .
Afin de
mieux responsabiliser les personnels médicaux et infirmiers
et de les encourager à une plus grande implication professionnelle,
le plan stratégique prévoit, dans le respect des droits acquis,
un assouplissement de leur statut permettant notamment aux
centres une plus grande autonomie dans la sélection et le
recrutement, ainsi que les moyens de pratiquer des rémunérations
différentielles en fonction des résultats obtenus.
Le Plan stratégique propose aussi des mesures tendant à favoriser
un usage rationnel du médicament, à travers notamment une
meilleure connaissance des profils de prescriptions et de
consommation des médicaments et une incitation à la prescription
de médicaments génériques.
Un
système décentralisé
Si le système de santé reste public, la
compétence de sa gestion ne relève plus automatiquement
de l'Etat central mais des régiones autonomes.
Les parlements régionaux votent le budget et contrôlent
son exécution ; les gouvernements quant à eux
gèrent les services de santé.
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Zoom
sur la Catalogne
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La
Catalogne a été la première à
obtenir dès 1981 la gestion des soins de santé
pour sa région.
Si le système de santé catalan adopte
les mêmes lignes directrices que celles des autres
régions, il présente des particularités
: mixité public-privé de l'offre de soins
et séparation des fonctions d'achat et de production
de services de soins.
"Désormais, le service catalan de santé " achète
" des activités hospitalières à des établissements qui
, pour 70 % de l'activité, sont de droit privé et, pour
seulement 30 %, de droit public. La répartition des
budgets ne traduit pas cependant le poids respectif
des établissements dans la satisfaction des besoins
de santé hospitaliers, puisque les hôpitaux privés ne
perçoivent, selon le responsable d'une organisation
hospitalière, que 55 % du financement public, les hôpitaux
publics en recevant 45 %.
Les contrats passés entre le service catalan de santé
et les établissements prévoient un financement par activité
(hospitalisation, consultations externes, urgences,
techniques de pointe) en fonction des besoins de la
population.
Le système catalan semble plus performant, du point
de vue des coûts, que le système public à gestion centralisée
: ainsi, le coût salarial dans les établissements privés
est inférieur d'un quart au coût salarial dans les hôpitaux
publics.
Si un hôpital privé, au cours d'une année, a une activité
inférieure à l'activité prévue, il ne reçoit que les
financements correspondant à son activité réelle. Dans
le cas contraire, il est pénalisé financièrement. La
contrainte de l'ajustement repose donc essentiellement
sur ces établissements de santé privés, qui ne sont
de surcroît pas autorisés à faire des bénéfices."
Extrait du
rapport d'information du Sénat (n°247)
relatif à l’organisation des systèmes de soins
et l’évolution des dépenses de santé en Espagne.
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Pour
en savoir plus :
Ministère
du Travail et de la Sécurité sociale
Rapport
d'information du Sénat (n°247)
relatif à l’organisation des systèmes de soins et l’évolution
des dépenses de santé en Espagne.
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