Pays-Bas

 

Aux Pays-Bas, le système de santé combine assurances privées (fondées sur le risque) et assurances sociales fondées sur le revenu.

On distingue donc
  • l'assurance publique obligatoire pour tous pour les soins et traitements de longue durée (AWBZ), pour laquelle chacun paie une cotisation proportionnelle à son revenu
  • l'assurance maladie individuelle : elle couvre 90% des dépenses de santé.
    - les salariés et certaines catégories de personnes dont le revenu ne dépasse pas un certain plafond (soit 60 % de la population environ) sont assurés obligatoires auprès d’une caisse de maladie (Ziekenfonds). Ce sont les pouvoirs publics qui fixent les prestations couvertes par les caisses de maladie, ainsi que le montant de la cotisation à payer par l’assuré. L'assurance maladie obligatoire des salariés couvre 65% de la population.

    - les assurances privées pour les personnes dont le revenu dépasse 180 000F annuels ainsi que pour les travailleurs indépendants. Les compagnies d’assurance fixent elles-mêmes, en fonction des risques de l’assuré, le montant de la prime. Pour éviter les discrimination envers les personnes âgées ou les malades chroniques, les compagnies d’assurance sont désormais tenues de proposer à ces personnes une assurance privée, dont le montant maximal de la prime et la couverture sont fixés par les pouvoirs publics, et elles sont autorisées à répercuter la différence entre les recettes des primes et le coût des prestations sur leurs autres assurés.

Les caisses demandent le plus souvent un complément de prime qui devrait être l'objet de concurrence, l'assuré choisissant le contrat le moins cher à qualité égale.

La réforme Decker-Simmons (conçue en 1986 - pause depuis 1994) a profondément changé le système d'assurance maladie en abolissant le monopole de la sécurité sociale. Les assurés ont ainsi une liberté de choix partielle pour les garanties de base et totale pour les garanties complémentaires. Parmi les autres mesures :

- extension de l'assurance-maladie obligatoire à toute la population (1992)
- passage d'un système de cotisation salariale à un financement fiscalisé double :
cotisation forfaitaire uniforme pour tous d'une part et prime proportionnelle aux revenus de l'assuré d'autre part.
- mise en concurrence dès le premier franc les caisses publiques et les assurances privées dans le cadre d'un contrat d'assurance-maladie standardisé avec une cotisation maximale identique pour tous les concurrents (pas de sélection des risques). 

- négociation entre les assureurs et les offreurs de soins (les professionnels médicaux et les hôpitaux) pour obtenir les meilleurs tarifs.

L'Etat fixe la somme globale des dépenses des assurés des caisses publiques qu'il répartit ensuite entre ces mêmes caisses selon leur structure de risque (la dotation est calculée par client en tenant compte de la catégorie actuarielle de risque de chacun).  Les dépenses de santé des gros consommateurs (pathologies lourdes) sont mutualisées après coup entre les caisses.

Dans le régime des salariés, les médecins généralistes sont rémunérés par les caisses avec lesquelles ils sont sous contrat à la capitation (forfait par assuré). Ce n'est pas le cas dans le régime des assurances privées où le praticien est rémunéré à l'acte. Le système de rémunération des médecins est donc double.

La quasi totalité des médecins sont libéraux et les hôpitaux sont majoritairement des hôpitaux privés à but non lucratif.

Pour chaque profession médicale, il existe un système d'enveloppes budgétaire. Une baisse de rémunération des services sanctionne tout dépassement.


Zoom sur le médecin généraliste

Le premier maillon de la santé publique aux Pays-Bas est le médecin de famille. Ce n’est que lorsqu’il ne peut pas établir lui-même un diagnostic ou qu’il ne peut ou ne veut pas soigner lui-même le malade qu’il envoie celui-ci chez un spécialiste ou un paramédical. La tâche du généraliste devrait encore s’alourdir dans l’avenir. C’est lui qui aura la responsabilité finale du traitement des malades suivis temporairement par un ou plusieurs spécialistes. C’est lui qui sera chargé de la mise en œuvre des programmes de prévention. C’est lui qui sera responsable de l’efficacité de la prescription des médicaments. Pour pouvoir remplir toutes ces tâches, le généraliste devra coopérer de plus en plus étroitement avec les autres prestataires et établissements de soins, ce qui est quasiment impossible pour les médecins de famille exerçant seuls qui représentent encore quelque 50 % du total. Aussi la politique des pouvoirs publics et de l’Association nationale des médecins généralistes vise-t-elle à confier aux cabinets de groupe, au niveau local et régional, la responsabilité de cette coopération.

 

Un premier bilan des réformes
Pour l'instant, la tutelle exercée par les pouvoirs publics sur les tarifs des professions de santé constitue un frein à la concurrence sur le montant des cotisations. Tous les professionnels du secteur reconnaissent que la réforme a permis d'ouvrir aux assurés la possibilité de faire des choix, d'améliorer l'information et l'accueil des assurés, ainsi que les relations avec les professions de santé.
S'agissant des garanties complémentaires, les assurés ont le libre-choix de leur assureur. A cet égard, l'OCDE recommande, dans sa synthèse consacrée aux Pays-Bas (mars 2000), d'améliorer la concurrence entre les assurances privées en permettant aux consommateurs de choisir plus facilement entre les plans de santé.

Pour en savoir plus :
Conseil des assurances maladie
Ministère de la Santé, du Bien-être et du Sport (chapitre en anglais)
NIVEL, Netherlands institute of primary health care
Vers un système sain d’assurances maladie (déc.2000) : propositions du Conseil Economique et Social (SER) hollandais