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Suède
Le
système de santé
Pour l’essentiel,
le droit aux soins médicaux gratuits ou à prix réduit ne relève
pas en Suède de l’assurance maladie, mais de conseils généraux,
qui financent à 80% leurs dépenses de santé
par un impôt sur le revenu des personnes privées. On
compte 23 conseils généraux. Ils possèdent et
gèrent des hôpitaux et des centres de soins ; ils sont les
employeurs de la majeure partie du personnel médical et paramédical
et rémunèrent aussi la plupart des praticiens indépendants.
Tous les
conseils généraux demandent normalement aux patients de payer
pour toute consultation un ticket modérateur destiné
à financer en partie les activités. Son montant peut varier
d’un conseil général à l’autre, et n'est pas remboursé par
l’assurance maladie. Il existe toutefois un plafond qui limite
à 900 c.s. sur une période d'un an les tickets modérateurs
à verser pour les consultations médicales ambulatoires. En
cas d’hospitalisation, le ticket modérateur journalier
à la charge du patient est plafonné.
Le conseil
général qui fournit des soins à des patients ne résidant pas
sur son territoire leur fait normalement payer un prix correspondant
au coût effectif des soins. Mais souvent les frais sont pris
en charge par un autre conseil général ou par l’assurance
sociale d’un autre pays.
"Deux
types de prestations — les médicaments prescrits par un médecin
non hospitalier et les soins dentaires — relèvent d’un régime
national rattaché à l’assurance maladie publique.
L’assurance
maladie ne rembourse plus désormais que la part des médicaments
délivrés sur ordonnance excédant 400 c.s. sur une période
de douze mois. L’assurance rembourse 50 % des frais pharmaceutiques
compris entre 400 et 1 200 c.s. sur une période de douze mois
; 75 % des frais compris entre 1 200 et 2 800 c.s. ; 90 %
des fais compris entre 2 800 et 3 800 c.s., et 100 % des frais
dépassant 3 800 c.s. Ces règles impliquent que sur une période
de douze mois, aucun patient n’a à payer plus de 1 300 c.s.
pour les médicaments sur ordonnance. Les pharmacies sont remboursées
directement par l’assurance maladie.
En matière
de soins dentaires, les moins de 20 ans bénéficiant de soins
gratuits. Pour les traitements de base, l'assurance rembourse
un montant fixe au dentiste et les patients, la différence.
Le montant de l'assurance correspond à 30% des tarifs en vigueur
en 1998."
Un
système de santé ouvert à la concurrence
C'est en 1991 que les premiers changements apparaissent sous
l'impulsion du gouvernement conservateur. Les administrations
régionales se voient conférées plus de
pouvoirs quant à la prestation de services et au recours
au secteur privé.
L'arrivée des sociaux démocrates au pouvoir
en 1994 n'a pas interrompu le processus, seulement ralenti.
Depuis, le retour de l'alliance centre-droite, la réforme
connaît un nouvel élan. Il est ainsi prévu
d'impartir la plupart des soins primaires à des sous-traitants.
Des hopîtaux privatisés :
En 1999, le conseil
métropolitain de Stockholm
a vendu l'Hôpital Saint-Georges, l'un des plus grands
de la capitale, à un société privée,
Capio Itée, côtée en bourse. Les hôpitaux
privatisés continuent de bénéficier de
financements publics, mais vendent leurs services aux gouvernement
régionaux.
Les personnels de santé bénéficient des
réformes
Face à des salaires peu motivants et à l'absence
de perspective de carrière, de nombreux personnels
de santé avaient décidé de quitter le
secteur public pour lancer leur propre entreprise, fort parfois
du soutien de leur syndicat (citons par exemple celui des
infirmières). Ils profitent aujourd'hui de la concurrence
entre système public et privé.
Entre 1995 et 1999, le salaire des infirmiers du secteur public
a augmenté de 26%.
Les syndicats ne sont désormais plus confrontés
à un employeur unique qu'était l'Etat, mais
à plusieurs sous-traitants de secteur privé.
Ils peuvent ainsi faire jouer la concurrence. La prise en
compte du mérite et de la compétence individuelle
explique également pour une large part cette progression
: "les employeurs sont désormais libres de récompenser
des employés pour leur sens de l'initiative et des
responsabilités. Ce phénomène n'est possible
que lorsqu'un nombre croissant d'employeurs doivent se faire
concurrence pour recruter des infirmiers et d'autres employés."
(La réforme de la santé en Suède, par
Johan Hjertqvist, étude IEDM, oct.2000)
Bilan
:
Le secteur privé représente actuellement 10%
des dépenses du pays en santé. Une centaine
d'établissements de soins sont actuellement en voie
de privatisation. A terme, les médecins généralistes
en pratique privée et les autres sous-traitants fourniront
40% de tous les services de santé.
Pour
en savoir plus :
La
réforme de la santé en Suède, par
Johan Hjertqvist, étude IEDM, oct.2000
La Suède privatise ses hôpitaux, Libres.org
Le secteur privé transforme le système de santé
de la Suède, par Charles-Albert Ramsay, Les Affaires,
sept. 2000
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