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Olivier
Jay
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Nos
chers privilèges; éd. Grasset, 1998, 128F
Le dit-on
assez? Les acquis sociaux à la française sont menacés...
Les systèmes de retraite prennent l'eau, faute de cotisants.
De mesures d'urgence en " plans ", la " sécu " augmente
ses cotisations chaque année... pour des remboursements
toujours plus faibles. L'assurance-chômage est grignotée
par la masse des demandeurs d'emplois à indemniser. L'aide
aux familles part en lambeaux. Le Revenu minimum d'insertion
n'insère personne. Le Smic est à la fois trop faible pour
le salarié... et trop coûteux pour l'employeur! Notre
système de protection sociale, dont nous sommes si fiers,
dont les hommes politiques – de droite comme de gauche
– se disent à bon compte les " garants ", court donc à
sa perte. Pourtant, la France est de plus en plus riche!
Mais l'heure arrive où ces avantages acquis, héritage
d'un passé de travail et de combats, seront peut-être
réduits à rien... Dans cet univers neuf, il ne sert à
rien d'empiler les acquis: ces strates s'annulent entre
elles. Elles freinent la croissance. Elles tuent l'emploi.
Ces acquis, loin de nous protéger, nous menacent. Nous
et nos enfants qui n'aurons pas de retraite garantie...
A moins qu'on ne décide de repenser le système, au lieu
de s'accrocher aux sigles, CES, Smic et ANPE... Qu'on
accepte enfin de repenser un monde – le nôtre. |
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