La pollution de l'eau

1. Le constat

Les eaux de surface ou souterraines sont considérées comme gravement polluées en France et dans plusieurs pays de l'Union européenne : les nitrates, le plomb, les pesticides… dépassent fréquemment les teneurs autorisées.
Les pouvoirs publics, français ou européens, ont mis en place des programmes d'une grande ampleur pour le traitement des pollutions de l'eau, programmes extrêmement coûteux et d'une efficacité encore insuffisante.
Il en résulte des inquiétudes pour la santé, et pour les atteintes aux milieux naturels (développement excessifs de micro-algues dans les eaux côtières…).
D'autre part, les problèmes de l'eau sont encore beaucoup plus graves dans les pays en développement.
Enfin, nous utilisons l'eau potable pour des usages où elle n'est pas nécessaire (chasses d'eau, gros nettoyage… seule 5 % de l'eau est effectivement ingérée) par suite de blocages réglementaires, d'où des gaspillages et surcoûts non justifiés.

2. L'analyse des libéraux

La qualité de l'eau constitue l'un des premiers objectifs d'un environnement bien géré. Il faut mettre en place les techniques adéquates, en tenant compte du rapport résultat / coûts (sinon, il n'y a plus de limite à la qualité, elle sera toujours insatisfaisante…). Il nous semblerait nécessaire d'établir d'abord un constat global et équilibré, qui tienne compte de la totalité des aspects sanitaires et économiques. Il faudrait notamment se demander si les seuils réglementaires actuels sont réellement fixés à des niveaux convenables. S'ils sont trop laxistes, nous aurons des risques pour l'environnement et pour la santé ; au contraire, s'ils étaient trop sévères, il en résulterait des inquiétudes injustifiées et des dépenses qui ne tiendraient pas réellement compte des priorités.
Or certains constats sur l'excessive sévérité de seuils réglementaires ont déjà été faits par des scientifiques sérieux : les normes actuelles pour les nitrates dans l'eau de boisson (50 mg/l) et celles prévues pour le plomb dans les années à venir (10 µg/l) ne semblent peut-être pas absolument justifiées par des atteintes à la santé humaine à la mesure des dépenses nécessaires.

3. Des propositions concrètes

A propos des atteintes à la santé publique, les victimes peuvent se défendre, assigner les pollueurs et les faire condamner à verser de fortes indemnités. Il finit par en résulter une jurisprudence qui joue le même rôle qu'une réglementation, en plus efficace puisque justifiée et calibrée à partir de cas concrets.
Nous proposons donc dans un premier temps de réviser les seuils réglementaires des différents polluants de l'eau, en ouvrant un débat public tenant compte d'analyses techniques, sanitaires et économiques contradictoires.
Il faut aussi analyser l'influence des subventions : les aides au monde agricole poussent au productivisme, qui oblige ensuite à subventionner dans l'autre sens pour limiter les émissions de substances considérées comme polluantes. Et subventionner pour aider à respecter une réglementation, c'est rendre très difficile tout contrôle et toute sanction de cette réglementation.
Les techniques de marchés de droits d'émission permettront de diminuer les rejets de polluants pour un coût total inférieur (ceux pour qui c'est plus difficile paieront les autres).
A moyen terme, il faudra remettre en cause la notion même de seuil réglementaire, le principe de la subvention, et les taxes ou redevances. Un pollueur doit pouvoir supporter lui-même le coût de la dépollution, ou de son assurance.
Abroger les réglementations qui interdisent les doubles circuits d'eau dans les logements.

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