|
L'écotaxe : une fausse bonne idée |
Les écotaxes en
question, par Pascal Salin
Taxes
écologiques : le pour et le contre, colloque de l'Institut
Euro 92
La
fiscalité écologique, une mauvaise réponse,
par Alain Madelin
L'inefficacité
de l'impôt sur le CO2, par Henri Lepage
La
fiscalité écologique, une mauvaise réponse,
par Alain Madelin
|
Décision
environnement, octobre1992
La fiscalité écologique dans la mesure ou elle joue sur les
prix est une idée libérale, non ?
Pas vraiment. Ce qui est vrai cependant, c'est qu'un certain nombre
d'activités économiques ne se font pas à leur vrai coût et qu'elles
sont ainsi source de gaspillages ou d 'atteinte à l'environnement.
La fiscalité écologique est le plus souvent une mauvaise réponse
à ce problème. Bien sûr, elle peut être utile pour créer une ressource
destinée à financer une action réparatrice à tel ou tel dégat causé
par l'environnement. Je crois moins à son rôle d'optimisation des
comportements. Une taxe sur les alumettes n'a pas d'effet persuasif
pour lutter contre les feux de foret. Notre taxation record de l'essence
est de peu d'effet sur la consommation. Je ne crois pas davantage
à une fiscalité écologique capable d'internaliser les dommages causés
à l'environnement. Le mode de calcul de cette fiscalité, est, par
nature, rigide et arbitraire. Le pollueur ne paie pas à proportion
réelle de sa pollution réelle. La taxe a en fait un effet déresponsabilisant
en reportant sur d'autres la réparation de la pollution ou en n'incitant
pas à innover.
Le principe de pollueur = payeur, est un excellent principe, à condition
qu'il reste autant que possible un principe de responsabilité individuelle.
Je n'exclus pas totalement le recours à la fiscalité et aux redevances,
mais j'affirme qu'on a tort d'en faire un mécanisme libéral.
Voulez-vous
dire que les tenants de l'internalisation des coûts par la fiscalité
se trompent sur les bases du libéralisme ?
Ils font de l'économétrie au lieu de faire de l'économie. Ils modifient
les chiffres mais ils n'obtiennent toujours pas de vrais prix. Un
vrai prix suppose que soit pris en compte en amont un vrai coût
de la ressource et qu'il existe en aval un vrai droit de la responsabilité
et de réparation des dommages. L'économie ne repose pas sur des
chiffres mais sur de vrais droits de propriété à la fois protégés
mais aussi limités par la responsabilité. La valeur des choses ne
s'invente pas, elle se découvre par l'échange des droits.
Et vous
dites donc, comme on le dit dans les travaux de l'ICREI, que les
vrais prix sont atteints quand on a optimisé l'échange entre les
droits à polluer de certains et les droits à ne pas être pollués
des autres ?
Non l'expression " droit de polluer " à un sens très précis : ce
sont les niveaux de réglementation qui créent des " droits à polluer
" en dessous de ce niveau. A mon sens, l'autorisation légale ou
administrative ne doit pas exonérer le pollueur des principes généraux
de responsabilité du fait de sa pollution. Mais s'il y a " droit
à polluer ", il est de bonne économie de permettre l'échange de
ces droits; Quand aux travaux de l'ICREI ils consistent chaque fois
qu'on le peut à chercher une régulation par de vrais prix résultant
de l'échange des droits de propriété limités par la responsabilité.
Notre tradition juridique consiste " à pouvoir faire ce qui ne nuit
pas à autrui " et " à réparer le dommage causé à autrui ". Les vrais
principes d'une société de liberté sont les meilleurs alliés de
la défense de l'environnement.
|