Sécurité: le gouvernement incapable de
maîtriser la progression de la violence
5 décembre 2001

La violence au quotidien

Lionel Jospin affirme que la sécurité est une de ses priorités et que la délinquance baisse.

C’est faux !

1995 - 1997
- 11,25 %
1997 - 2000
+ 8 %

1er semestre 2001
+ 11,9 % en zone de police
+19,6 % en zone de gendarmerie
+ 21 % à Paris
pour les vols à mains armés

- Selon les experts, en 2001, la hausse inexorable des crimes et délits pourrait bien avoisiner voire dépasser le chiffre historique de 10 % ; certains syndicats de police parlant même d’une augmentation de 12 % pour les premiers mois de l’année en cours, avec des pointes de 20 à 30 % dans certaines circonscriptions de police !

1. Le constat : un échec flagrant !

A. 1997 - 2001 : impuissance totale vis à vis de l’explosion de la délinquance juvénile.

Les auteurs des actes de délinquance sont de plus en plus souvent des mineurs de plus en plus jeunes qui commettent des actes de plus en plus violents :
- En 2000, les mineurs représentaient 21 % des mis en cause par la police et la gendarmerie.
- 50 % des vols avec violence sont attribués à des mineurs.

Face à ce constat, le gouvernement a rejeté toute idée de réforme de l’ordonnance de 1945 qui régit la prévention et la répression des mineurs délinquants !

B. 1997-2001 : explosion de la violence à l’école

L’insécurité à l’école a connu une très forte augmentation :

- La violence physique concerne 57 % des collèges !
- Le racket à l’école concerne 1 collège sur 4 en zone sensible. On en dénombre 30 000 cas chaque année !
- L’école primaire est également concernée : en Seine Saint-Denis, les incidents dans le primaire ont augmenté de 27 % en 1999.

C. 1997-2001 : impuissance face à une délinquance de plus en plus violente et face à la multiplication des bandes sur-armées.

- Les coups et blessures volontaires et vols avec violence sont en constante progression. Ils ont continué à augmenter respectivement de 11,8 % et 15,8 % en 2000. En tendance longue, chacun a plus que doublé depuis 1988.

- Coups et blessures volontaires : 45 512 en 1988 ; 106 484 en 2000 soit : + 150 %
- Vols avec violence : 43 409 en 1988 ; 101 223 en 2000 soit : + 133 %

- Les vols à main armée, en diminution ces dernières années, ont connu une recrudescence spectaculaire de plus de 15 % en 2000, plus de 8 500 braquages ayant été dénombrés.

D. 1997-2001 : multiplication des zones de non droit

La délinquance des cités " chaudes " s’exporte ! Longtemps concentrée sur un certain nombre de quartiers urbains, la violence se banalise en touchant même des villes tranquilles et les zones rurales.

- 25% des franciliens ne se sentent pas en sécurité.
- En six mois, certaines banlieues résidentielles ont connu une hausse spectaculaire de 27 % de la délinquance.
- La tragique fusillade de Béziers a révélé que ce sont de véritables arsenaux de guerre qui se dissimulent dans certains quartiers (rappel : le forcené détenait notamment un lance roquette.)

E. 1997 – 2001 : une police désarmée

- 20 % des effectifs de la police nationale sont des adjoints de sécurité admis sans concours et après deux mois seulement de formation. Ce sont ces emplois-jeunes qui ont été affectés par le gouvernement à la police de proximité !
- Sur 20 000 policiers disponibles, seulement 5 000 sont dans les rues ;
- 25 000 départs à la retraite ne seront pas compensés dans les 5 ans qui viennent ;
- La police n’est plus respectée : le nombre d’outrage à personne dépositaire de l’autorité a augmenté de 140 % entre 1991 et 2000.
- Les contrats locaux de sécurité ont fonctionné à minima : leur pilotage restant accaparé par le préfet et le partenariat avec les élus restant plutôt virtuel.
- Parallèlement, le taux d’élucidation s’effondre : de 65 % en 1965, il est passé à 27 % en 1999.

Une mise en place des 35 heures non prise en compte dans la police.

2° 1997-2001 : des remèdes policiers inadaptés.

Dans la ligne des orientations définies au colloque de Villepinte en octobre 1997, le Gouvernement a décidé la généralisation progressive de la police de proximité.

Il s’agit de substituer à une police chargée principalement d’assurer le maintien de l’ordre, une police ayant pour objectif premier d’assurer la sécurité quotidienne des citoyens et de lutter contre la délinquance juvénile. Cette politique s’appuie sur les contrats locaux de sécurité.

Cette politique a échoué :

- Echec de la police de proximité pour plusieurs raisons :

- cloisonnement des services et déficit en communication
- polyvalence et responsabilisation des effectifs insuffisantes
- formations des effectifs inadaptées aux missions assignées (voir supra)

- Fonctionnement médiocre des contrats locaux de sécurité :

- maintien du pilotage au niveau préfectoral
- des maires insuffisamment associés au processus
- insuffisance du partenariat entre la police, la justice et l’éducation nationale.

- 30 à 35 % des effectifs policiers n’exercent pas de missions effectives sur le terrain car ils sont cantonnés à des missions administratives !


- Projet de loi relatif à la sécurité quotidienne = tout sauf l’essentiel !

Ce projet de loi, encore en cours de navette parlementaire, est un catalogue disparate de mesurettes sans commune mesure avec ce qu’aurait exigée la situation.

Bien que l’actualité l’exige chaque jour davantage, le gouvernement, par angélisme, se refuse à réformer l’ordonnance de 1945 relative à la prévention et à la répression de la délinquance des mineurs. Par excès de jeunisme, il se refuse également à encadrer le déroulement des " rave-parties ".

Il se refuse enfin à placer le maire au cœur du dispositif en matière de police de proximité.

Juin 2001 : on casse le thermomètre !

En juin 2001 à la Villette, Lionel Jospin annonce pour 2002 la création d’un nouvel outil statistique de mesure de la délinquance.

Cette réforme ne trompe personne ; elle présente un double avantage pour un gouvernement en situation d’échec :

- Relativiser un bilan désastreux et redouté
- Repousser à après les présidentielles l’analyse de fond de cet échec.