Internet ou la naissance d'une nouvelle civilisation

D'un monde à l'autre


Ni Etat ni bureaucratie

La confiance dans l'homme

Le village planétaire

La naissance d'un nouveau contrat social

               
Ni Etat ni bureaucratie

Personne sur le vieux continent n'a réellement pris la mesure de cette évolution du commerce mondial. En l'an 2005, les analystes estiment que quinze à vingt-cinq pour cent des dépenses totales des ménages se feront sur l'internet. D'aucun imaginent peut être que les Etats européens trouveront une parade technologique pour interdire à leurs concitoyens d'acheter des produits libérés de toute taxe sur le réseau planétaire. Or, l'ingéniosité technologique, dans le domaine des inforoutes, ne réside pas du côté des Etats, mais des individus jaloux de leur liberté.

Au-delà des risques en terme politique et économique qu'entraîneraient des prises de positions liberticides dans le domaine de l'Internet, il n'existe pas de solution technologique pour interdire le commerce et la circulation d’informations sur le Net. A moins de confisquer l'ensemble des modems et des ordinateurs en circulation.

L'invention et le développement fulgurant de l'Internet pose ainsi un triple défi à nos systèmes étatistes.

Premièrement, en créant un espace virtuel qui ne repose pas sur des concepts de territorialité, l'Internet échappe à l’Etat-nation. Comment l’Etat pourrait-il prétendre régir un espace sans territoire, y faire appliquer ses lois, y lever ses impôts, quand ses règles ne s'appliquent qu'à l'intérieur de frontières physiques et douanières ?

Le caractère transnational immatériel de l'internet permet à quiconque de contourner les systèmes juridiques, les taxes, en hébergeant ses ressources éditoriales, ou en commerçant depuis des paradis électroniques.

Dès lors, les lois et règles fiscales deviennent inapplicables. L’Internet, plus grande zone de prospérité au monde avec un taux de croissance de 60 % par an, devient ainsi une zone de libre échange global.

Le développement des technologies de l'information, pose un deuxième défi à l’Etatisme : le devenir de ses structures bureaucratiques. L'Etat repose encore trop souvent sur une administration pléthorique et un cadre réglementaire aussi compliqué que contraignant. Ces bureaucraties sont souvent présentées à l'opinion comme les garantes des missions de services publics de l'État et de la stabilité institutionnelle de la Nation.

Or, l'avancée prodigieuse des technologies électroniques et les perspectives de mise en réseau et d'automatisation des taches administratives qu'offre l'Internet remet en cause le système bureaucratique actuel. Il est dores et déjà techniquement possible d'envisager que l'on remplisse ses formulaires administratifs sur Internet, que l'on automatise leurs saisit ainsi que la délivrance d'une série de pièces administratives comme, par exemple, les actes de naissances. Le développement de la structure bureaucratique qu’impliquait, dans une société non-informatisée, le large interventionnisme de l'Etat avec la complexité des dispositifs fiscaux et réglementaires devient à l'heure des nouvelles technologies de l'information techniquement injustifiable.

Le troisième défi est d'ordre sociétal. Les nouvelles technologies de l'information répondent à une aspiration profonde de la société : étendre les libertés individuelles. Ainsi jusqu'en 1991, la confidentialité des communications était le monopole des États et des armées. Hors, l'invention par F. Zimmermann, en 1991, d'un outil de cryptage, PGP (pretty good privacy) destiné à la communauté des Internautes, à fait voler en éclat ce privilège. Ce logiciel gratuitement téléchargeable offre à tous les internautes la possibilité d'encrypter leur message et d'assurer une confidentialité totale de leur communication. Face au traumatisme qu'on causé dans l'opinion mondiale les différents scandales liés à la violation des communications privées par le pouvoir politique (watergate...), ces produits ont connu un succès massif. Les États se retrouvent ainsi impuissants face au phénomène de démocratisation de l'encryptage sur le Net et sont, à terme, contraints de faire évoluer leurs législations.

Ainsi, l’Internet impose aux Etats une mise en concurrence de leur fiscalité, de leurs bureaucraties et un respect des libertés individuelles.

Les technologies de l'information portent donc un outil, l'Internet, qui crée pour la première fois de notre histoire un marché global, planétarisé, ouvert, sans barrière fiscale, ni protectionnisme. La révolution qu'engendre la naissance et le développement du Cyberespace, constitue l'un des plus puissants leviers en faveur de l'avènement d'une réelle démocratie libérale. Non seulement par les réajustements fiscaux auquel elle va contraindre bon nombre de nos Etats, mais surtout par les bouleversements sociologiques et géopolitiques qu’elle entraîne.