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L'hôpital
en crise
Le
besoin de proximité
Les Français
veulent un hôpital près de chez eux.
A l’origine, l’hôpital local, de proximité, soigne les maladies,
les accidents courants et bénins.
L’hôpital général, doté de services d’urgences
et de plusieurs unités médicales et chirurgicales, propose
en principe, tous les soins qui ne nécessitent pas un appareillage
sophistiqué.
L’hôpital régional, lieu de haute technologie, d’enseignement
et de recherche, ne devrait accueillir que des patients dont les soins
relèvent de techniques et diagnostiques de pointe.
Au fil du temps et
des Trente Glorieuses, les hôpitaux locaux ont voulu devenir généraux
et les généraux, régionaux. Il en a résulté
un parc immense et sous-employé.
Les directeurs des
Agences régionales d’hospitalisation tentent courageusement de
fermer ou de fusionner des services, mais la stratégie devient
alors hautement politique. L’hôpital représente une mine
d’emplois, d’autant que le président de son conseil d’administration
n’est autre que le maire de la ville.
La surenchère des services d’urgence
Manque de personnel ou plutôt un personnel mal réparti et
manque de matériel, attentes interminables pour une fréquentation
qui ne cesse de croître de presque 10 % chaque année.
Parmi les patients
qui arrivent aux urgences, beaucoup sont là parce qu’ils ne savent
pas à qui s’adresser. Ils n’ont pas besoin de soins hautement spécialisés,
mais d’aide sociale et morale.
En fait, des structures simples d’accueil et de soins primaires pourraient
permettre de désengorger nettement le système. Mais qui
veut entendre parler d’un tel bouleversement, quand un service d’urgence
représente la vitrine de l’établissement hospitalier ?
La
bataille des lits
La dernière
carte hospitalière (novembre 1999) prévoit de supprimer
24 000 lits en trop d'ici à 2004, dont 11000 en région parisienne.
Un bilan établi à la fin de l'année 1997 avait chiffré
à 34 700 lits l'éxcédent des hôpitaux et cliniques
(sur un total de 535 000 lits).
Excès pour
les uns, pénurie pour les autres.
La polémique date de 1985. Le rapport du Commissaire Générale
au plan dénonçait alors un excès de lits en particulier
ceux de court séjour, réservés aux hospitalisations
brèves. En revanche, étant donné le vieillissement
de la population, il semblait logique de transférer une partie
de ces places en trop vers l’hospitalisation de moyen et long séjour.
Or les directeurs d’hôpitaux ont résisté car c’est
encore au nombre de lits qu’on apprécie le poids d’un établissement.
Plus on hospitalise, plus on est considéré comme performant.
C’est justement ce qu’il faut changer !
Une
carte sanitaire émiettée
Les inégalités
interrégionales sont criantes : professionnels, administratifs,
crédits… se concentrent en Ile-de-France et dans la région
Paca.
L’inégalité existe aussi entre hôpitaux d’une même
région ou entre services d’un même hôpital.
Plusieurs facteurs
expliquent la mauvaise répartition de l'offre de soins :
- L'absence d'anticipation
: la baisse de la natalité et l'augmentation de la durée
de vie n'ont pas été accompagnées d'une évolution
et d'une gestion des structures adéquates.
- La planification
et la centralisation des décisions
- Le budget global,
la maîtrise des dépenses insaturée au début
des années 80. Les hôpitaux ont reçu chacun, une
enveloppe budgétaire annuelle à ne pas dépasser.
Mais l’effet pervers de la mesure s’est révélé,
freinant l’activité hospitalière et laissant le champ
libre aux cliniques à but lucratif.
- Le développement
des équipements lourds, tant au niveau de leur implantation géographique
que de leur répartition entre privé et public a renforcé
les inégalités. Leur installation a le moins souvent répondu
à un véritable besoin qu'à un jeu de lobbying entre
clinique privée et hôpital public, arbitré par les
élus locaux.
En savoir plus sur les inégalités
hospitalières.
L'incohérence
du budget global
-
Les Programme
de Médicalisation du Système d'Informations (PMSI) n'ont
pas été créés en même temps que
le budget global a été instauré. Ceci a eu pour
effet de retarder l'évalution des coûts moyens par pathologie
et la tarification par groupe homogène de diagnostic.
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Les établissements
privés ne sont pas concernés par le budget global.
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On observe le
même décalage préjudiciable s'agissant de l'évaluation
des hôpitaux. L'enveloppe globale a été calculée
en fonction d'une situation passée, ce qui a par exemple freiné
dans leur modernisation les téablissements les mieux dotés.
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