L'hôpital en crise

Réformes avortées, restructurations incohérentes et promesses jamais tenues : l’hôpital public avec son budget annuel de 300 milliards et son million d’emplois, sombre aujourd’hui dans un profond malaise.

4Le cri d'alarme de grands professeurs
4L'hôpital en dates
4Un système complexe
4Inégalités hospitalières
4L'hospitalisation privée au bord du gouffre
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Les 35 heures à l'hôpital
4Explication de crise

aLe besoin de proximité
aLa surenchère des services d’urgence
aLa bataille des lits
aUne carte sanitaire émiettée
aL'incohérence du budget global
aLa recomposition de l'offre hospitalière en question

4Zoom sur les urgences

Synthèse par l'Express d'un rapport accablant de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) sur «L'évaluation de la stratégie de l'AP-HP». Le texte récapitule en conclusion les trois principaux facteurs d'inertie de ce fleuron : des «forces sociales non inclines au changement», une «tutelle mal organisée et insuffisante», une «domination du court terme».

Hôpital Edition 1998 - Enquête de Sciences et Avenir - Des cartes et des tableaux permettent de connaître les 86 meilleurs hôpitaux, les 124 moins performants et les 172 en dangereuse sous-activité dans quatre des plus importantes disciplines de chirurgie.

Santé : Hôpital ou clinique ? Valeurs Actuelles, 24.03.2000
Personne ne conteste que l’hôpital français reste l’un des meilleurs au monde. La question n’est pas de le supprimer mais de le rendre plus efficace, à moyens constants, pour les malades et pour la collectivité.
Soins : Les clés pour mieux choisir Les cliniques ont pour atout leur spécialisation. Les hôpitaux prennent en charge des pathologies plus lourdes. L’avenir est à la complémentarité.

Le besoin de proximité
Les Français veulent un hôpital près de chez eux. 
A l’origine, l’hôpital local, de proximité, soigne les maladies, les accidents courants et bénins. 

L’hôpital général, doté de services d’urgences et de plusieurs unités médicales et chirurgicales, propose en principe, tous les soins qui ne nécessitent pas un appareillage sophistiqué. 

L’hôpital régional, lieu de haute technologie, d’enseignement et de recherche, ne devrait accueillir que des patients dont les soins relèvent de techniques et diagnostiques de pointe. 

Au fil du temps et des Trente Glorieuses, les hôpitaux locaux ont voulu devenir généraux et les généraux, régionaux. Il en a résulté un parc immense et sous-employé. 

Les directeurs des Agences régionales d’hospitalisation tentent courageusement de fermer ou de fusionner des services, mais la stratégie devient alors hautement politique. L’hôpital représente une mine d’emplois, d’autant que le président de son conseil d’administration n’est autre que le maire de la ville.


La surenchère des services d’urgence

Manque de personnel ou plutôt un personnel mal réparti et manque de matériel, attentes interminables pour une fréquentation qui ne cesse de croître de presque 10 % chaque année.

Parmi les patients qui arrivent aux urgences, beaucoup sont là parce qu’ils ne savent pas à qui s’adresser. Ils n’ont pas besoin de soins hautement spécialisés, mais d’aide sociale et morale. 
En fait, des structures simples d’accueil et de soins primaires pourraient permettre de désengorger nettement le système. Mais qui veut entendre parler d’un tel bouleversement, quand un service d’urgence représente la vitrine de l’établissement hospitalier ?

La bataille des lits
La dernière carte hospitalière (novembre 1999) prévoit de supprimer 24 000 lits en trop d'ici à 2004, dont 11000 en région parisienne. Un bilan établi à la fin de l'année 1997 avait chiffré à 34 700 lits l'éxcédent des hôpitaux et cliniques (sur un total de 535 000 lits).

Excès pour les uns, pénurie pour les autres. 
La polémique date de 1985. Le rapport du Commissaire Générale au plan dénonçait alors un excès de lits en particulier ceux de court séjour, réservés aux hospitalisations brèves. En revanche, étant donné le vieillissement de la population, il semblait logique de transférer une partie de ces places en trop vers l’hospitalisation de moyen et long séjour. Or les directeurs d’hôpitaux ont résisté car c’est encore au nombre de lits qu’on apprécie le poids d’un établissement. Plus on hospitalise, plus on est considéré comme performant. C’est justement ce qu’il faut changer !

Une carte sanitaire émiettée
Les inégalités interrégionales sont criantes : professionnels, administratifs, crédits… se concentrent en Ile-de-France et dans la région Paca.
L’inégalité existe aussi entre hôpitaux d’une même région ou entre services d’un même hôpital. 

Plusieurs facteurs expliquent la mauvaise répartition de l'offre de soins :

  • L'absence d'anticipation : la baisse de la natalité et l'augmentation de la durée de vie n'ont pas été accompagnées d'une évolution et d'une gestion des structures adéquates.
  • La planification et la centralisation des décisions
  • Le budget global, la maîtrise des dépenses insaturée au début des années 80. Les hôpitaux ont reçu chacun, une enveloppe budgétaire annuelle à ne pas dépasser. Mais l’effet pervers de la mesure s’est révélé, freinant l’activité hospitalière et laissant le champ libre aux cliniques à but lucratif. 
  • Le développement des équipements lourds, tant au niveau de leur implantation géographique que de leur répartition entre privé et public a renforcé les inégalités. Leur installation a le moins souvent répondu à un véritable besoin qu'à un jeu de lobbying entre clinique privée et hôpital public, arbitré par les élus locaux.

    En savoir plus sur les inégalités hospitalières.

L'incohérence du budget global

  • Les Programme de Médicalisation du Système d'Informations (PMSI) n'ont pas été créés en même temps que le budget global a été instauré. Ceci a eu pour effet de retarder l'évalution des coûts moyens par pathologie et la tarification par groupe homogène de diagnostic.

  • Les établissements privés ne sont pas concernés par le budget global.

  • On observe le même décalage préjudiciable s'agissant de l'évaluation des hôpitaux. L'enveloppe globale a été calculée en fonction d'une situation passée, ce qui a par exemple freiné dans leur modernisation les téablissements les mieux dotés.

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