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Les
inégalités hospitalières
La
péréquation des dotations régionales : une mauvaise
méthode
Indicateurs
de l’offre de soins par région
IRM,
le retard français
Zoom
sur l'Ile de France
La
péréquation des dotations régionales : une mauvaise
méthode
Les critères retenus
Les dotations régionalisées de dépenses hospitalières
mises en place pour tenter de réduire les inégalités
entre régions se fondent sur quatre critères :
- un
indicateur de besoins de soins, mesuré par la « dépense
hospitalière par habitant hospitalisable dans le secteur public
», indicateur qui tient compte de la structure par âge et
par sexe de la population et de la « part de marché »
du secteur public ;
- un
indicateur de performance moyenne des établissements, mesuré
par la valeur du point ISA (indice synthétique d'activité)
établi à partir du programme de médicalisation des
systèmes d'information (PMSI) ;
- et
depuis 1998, un indicateur de flux de patients entre régions qui
valorisent les dépenses liées aux patients hospitalisés
dans une région différente de leur domicile.
- pour
1999, un nouveau critère a été ajouté qui
exprime le besoin de santé, mesuré par « l'indice
comparatif de mortalité générale » (ICM), calculé
en rapportant le nombre de décès observés au nombre
attendu en appliquant à la population de la région les taux
de mortalité nationaux par sexe et âge.
L'indicateur
de besoin de soins
En réalité, c'est l'indicateur de besoin de soins qui
pose problème. "En effet, il est produit de deux éléments
: le volume de l'offre de soins et le coût de cette offre (la valeur
du point ISA). La dépense par habitant hospitalisable ne permet
donc pas de distinguer ce qui résulte d'un excès ou d'un
déficit d'offre et ce qui est la conséquence de la plus
ou moins bonne performance des établissements.
La Cour
des comptes remet donc en cause à juste titre la méthode
retenue jusqu'alors qui en érigeant en norme la moyenne des dépenses
hospitalières « risque de creuser les écarts de
coûts plutôt que de les faire converger ». Ainsi,
la méthode actuelle de péréquation conduit à
allouer aux régions considérées comme « sous-équipées
» des ressources supplémentaires que la réalité
de l'offre de soins et de consommation hospitalière ne se justifient
pas nécessairement.
Il conviendrait donc de mettre en place une méthode différente
en distinguant les inégalités liées à l'offre
des soins et celles liées aux coûts.
Les dispersions
de coût sont parfois très importantes. L'exemple type de
ces différences est l'AP-HP de Paris. Comment expliquer cette dispersion
de la valeur du point ISA ? La Cour des comptes s'interroge. Ces écarts
se retrouvent également entre des établissements dont l'activité
est relativement comparable : ainsi, la pédiatrie peut justifier
une valeur du point ISA plus élevé qu'un établissement
généraliste, mais entre Robert Debré (16,2) et Saint-Vincent-de-Paul
(17,42) l'écart est supérieur à un point, à
1,5 avec Necker-enfants malades (17,76) et à 2 points avec Armand
Trousseau (18,51). "
Sources
: Rapport de l'Assemblée nationale sur le projet de loi de de
financement de la sécurité sociale pour 2000 (Tome 2)
| |
Valeur
du
point
ISA
|
Taux
d'occupation
en %
|
| Beaujon
Bicêtre
Bichat
Boucicaut
Ambroise Paré
Broussais
Cochin
Henri Mondor
Antoine Béclère
Jean Verdier
Hôtel-Dieu
Laennec
Lariboisière
Louis Mourier
Necker-enfants malades
Pitié-Sapétrière
Raymond Poincaré
Robert Debré
Rothschild
Saint-Antoine
Saint-Louis
Saint-Vincent-de-Paul
Tenon
Trousseau
Avicenne
Paul Brousse
|
16,19
14,22
14,28
15,55
13,41
15,55
13,47
14,71
13,15
14,49
15,54
13,46
15,57
15,42
17,76
14,59
18,81
16,20
14,31
15,21
17,33
17,42
12,71
18,51
15,72
21,37
|
80,5
85,1
90,5
69,8
81,6
74,2
82,1
81,4
83,9
80,3
79,0
86,4
79,5
82,1
70,3
81,7
74,6
80,7
83,4
88,6
82,5
67,2
86,0
76,1
90,6
87,3
|
| AP-HP |
15,18
|
|
Indicateurs de l’offre de soins par région
| Régions |
Densité
de
l’offre
publique* |
Densité
de
médecins
généralistes |
Densité
de
l’offre
privée* |
Densité
de
médecins
spécialistes |
Excédent
de capacité
de lits MCO
|
Alsace
Aquitaine
Auvergne
Basse Normandie
Bourgogne
Bretagne
Centre
Champagne-Ardenne
Corse
Franche-Comté
Haute-Normandie
Ile-de-France
Languedoc-Roussillon
Limousin
Lorraine
Midi-Pyrénées
Nord-Pas de Calais
Pays de la Loire
Picardie
Poitou-Charentes
Prov-Alpes-C. d’Azur
Rhône-Alpes |
3,17
2,71
3,11
3,52
3,20
2,89
2,66
3,15
2,72
3,42
2,63
2,50
2,40
3,79
3,06
2,54
2,42
2,55
2,87
2,74
2,48
2,85
|
1,11
1,21
1,09
0,99
1,01
1,07
0,96
0,99
1,18
1,09
0,99
1,14
1,36
1,28
1,05
1,31
1,11
1,02
0,96
1,15
1,40
1,04
|
1,51
1,82
1,46
1,05
1,47
1,11
1,21
1,34
2,34
0,85
1,09
2,08
2,08
1,30
2,08
1,80
1,47
1,30
0,84
0,91
2,09
1,28
|
0,79
1,00
0,68
0,58
0,65
0,69
0,65
0,61
0,88
0,55
0,64
1,27
1,05
0,66
0,63
1,02
0,58
0,58
0,47
0,65
1,33
0,82
|
10 %
8 %
13 %
12 %
8 %
8 %
4 %
8 %
30 %
7 %
5 %
16 %
12 %
18 %
13 %
16 %
8 %
10 %
8 %
14 %
30 %
12 %
|
| France métropolitaine |
2,73
|
1,04
|
1,59
|
0,87
|
13 %
|
Source: MES - DREES et annexe au projet de
loi sur le financement de la sécurité sociale pour 1999.
* Densité
de lits ou places publics et privés respectivement. L’ensemble
des densités de ce tableau est exprimé en nombre pour 1000
habitants.
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IRM,
le retard français
|
"Fin
1999, il y avait 182 IRM en France, contre 1 148 en Allemagne et 340
en Espagne. Soit, rapporté au nombre d'habitants, à peine plus qu'en
Turquie, lanterne rouge de l'Europe. L'Allemagne dispose actuellement
de 1 654 scanners, l'Italie de 1 154 et la France de 531. Enfin, 5
pet scan (sorte de scintigraphie particulièrement utile en cancérologie)
fonctionnent dans notre pays, contre 75 en Allemagne et 13 en Grande-Bretagne.
En France, l'encadrement administratif (carte sanitaire) de l'installation
de ces équipements en a empêché le développement.
A cela il faut ajouter de grandes disparités régionales. L'Ile-de-France
dispose de 37 IRM, alors qu'il n'y en a aucune en Corse, et de 105
scanners, contre 7 en Franche-Comté. Tout comme les délais d'accès
à ces examens : en moyenne, trente-sept jours pour une IRM (mais plus
de deux mois dans le Tarn ou l'Aveyron) et treize jours pour un scanner.
"
Conséquences de ces manques et dysfonctionnements : les médecins
prescrivent d'autres examens, moins performants et souvent plus nocifs.
En savoir
plus
Le
Point, 21/09/2000 |
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Zoom
sur l'Ile de France
|
Multiplicité
des structures et sécurité
54 établissements sur 256 sont en-dessous
su seuil annuel de 200 000K opératoires.
* Tumeurs bénignes et malignes du sein : 244 sites pratiquent
cette chirurgie :
10 sites réalisent 46% des séjours
59 établissements produisent chacun moins d'un séjour
par mois
* Chirurgie néonatale :
65 sites totalisent les interventions
9 établissements réalisent 83% des séjours
; 10 en réalisent 5 à 10 ; 46 en réalisent
de 1 à 4 .
(Sources : Agence régionale d'hospitalisation
d'Ile de France, 1998 - 1999).
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Les
équipements :
"le parc d'équipements d'écho-endoscopie [de Assistance
Publique des Hôpitaux de Paris] est aussi étendu que
pour l'ensemble des Etats-Unis ; de même les sites de transplantation
hépatique sont équivalents à ceux de l'ensemble
de l'Angleterre." (Les systèmes de santé, Denis-Clair
Lambert) |
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