|
|||||
|
Jean-François
MATTEI, professeur de pédiatrie et de génétique,
retrace dans cet essai les formidables progrès réalisés
par la médecine et la génétique ces dernières
années dans une démarche prospective. Mais pour faire une
pause et déterminer, en toute responsabilité, ce que nous
devons faire de ces nouveaux savoirs. C'est dans cette notion
de responsabilité que le député DL des Bouches-du-Rhöne
fait le lien avec son engagement politique et sa foi dans le libéralisme.
Nous devons penser le monde en responsables de nous-mêmes sans méconnaître
le droit de l'autre ; en cela, le libéralisme est un humanisme
puisqu'il place l'homme devant le défi de sa propre liberté.
|
|||||
|
Visitez le site de
Jean-François Mattéi |
|
"Jamais l'homme n'a
été aussi puissant (...). "Qu'est-ce que l'éthique ? Pour moi, un questionnement. C'est-à-dire la recherche de la meilleure attitude, du comportement le plus adapté, du choix le plus judicieux face à de nouvelles situations, telles qu'on les rencontre presque chaque jour, au fil des avancées de la science...Je fais faire une comparaison qui risque d'irriter les esprits rigoureux, mais qu'ils y réfléchissent à deux fois avant de la rejeter. Je dirais, j'ose dire, que la morale est comme une boîte dont les outils - les principes - seraient soigneusement rangés dans un coin de notre esprit. On ne les utilise qu'en cas de nécessité. Une fuite ou un court-circuit ? Après s'être interrogé pour tenter de comprendre ce qui s'est passé, on va chercher sa boîte à outils pour essayer de réparer. Lorsqu'on se questionne sur la réponse à apporter face à de nouvelles situations, on doit chercher dans sa boîte à outils les réponses qui y sont rangées. Comme si le cheminement éthique était une réactualisation de nos principes moraux, que nous remettrions en quelque sorte en service. Quand il n'y a rien à réparer, on ne va pas chercher ses outils. Quand on ne se pose pas de questions, on n'a pas à aller chercher dans ses principes." (p. 52) "Confrontés
à de nouvelles connaissances, nous voici contraints d'exercer de
nouveaux choix; chaque jour, un nouveau domaine de l'action s'ouvre à
la question du devoir. Que dois-je faire? Comment me comporter pour être
et rester un homme ? En éthique, la nouveauté ne va pas
de soi car l'homme, lui, ne varie pas avec le temps. C'est pourquoi, bousculé,
déstabilisé par ses propres découvertes, d'autant
plus fragile que jamais il n'a été aussi puissant, le voici
contraint de poser des repères éthiques dont l'identification
se résume au vide. Jamais encore la question de la maîtrise
de l'homme à venir, notamment au travers du génie génétique,
ne nous avaient effleurés, si ce n'est à la lecture d'ouvrages
de science-fiction. Insémination artificielle, manipulation génétique,
transformation radicale de l'espèce humaine... Tout cela semblait
du domaine de rares savants fous, eux-mêmes nés de l'imagerie
débridée de quelques écrivains prolixes. Mais pas
du tout ! Voici que nous y sommes, que tout cela "est", à la portée
de chaque être humain ! Et les éthiques antérieures
ne peuvent nous être d'aucune aide, qui 'ont jamais formulé
de telles questions. "Nous sommes à
l'orée d'une ère nouvelle. L'homme repousse les limites
de son intervention, il lui est bientôt nécessaire de repousser
également celles de l'interdit et de la transgression. Et je suis
totalement stupéfait de la rapidité des progrès,
du décalage qu'il y a entre la réalité scientifique,
entre les potentialités médicales d'une part et l'évolution
de l'opinion publique d'autre part. Il y a une sorte de débat entre
la raison et la passion. "On se préoccupe toujours de ce qui se passe dans son champ de vision et dans sa tranche de vie, mais si on veut réfléchir dans un plan large, il est évident que depuis son apparition, l'humanité a progressé. Ce pourquoi, globalement, j'ai plutôt confiance en l'homme. (...)" (p.195) "Faire confiance ne signifie pas ignorer les repères qui doivent être bien balisés. C'est cela, en résumé, ma philosophie profonde. Je suis un optimiste et ne peut ne pas l'être." (p. 196) "L'homme naît
libre. Il doit pouvoir diriger sa vie librement avec le moins de contraintes
possibles. Entreprendre, travailler, recueillir le fruit de ses efforts,
la récompense de ses initiatives, je pense que c'est là
le fondement de la personne. Nous sommes dignes parce que nous sommes
libres et responsables, mais cette liberté qui s'exprime en termes
de droit, droit d'entreprendre, droit d'initiative, ne peut méconnaître
la liberté de l'autre, le droit de l'autre. La liberté des
uns s'arrête là où commence celle des autres, cela
peut faire cliché, qu'importe, on ne le répétera
jamais assez, il faut que chaque individu en soit intimement convaincu.(...)
"Pour moi, la politique
est davantage une philosophie qu'un parti pris et ma philosophie est devenue
progressivement libérale au sens étymologique et vraiment
plein du terme, parce que c'est, à mes yeux, le véritable
humanisme." (p. 198). |
Le
passeur d'univers Jean-François
MATTEI |