Les médicaments
 
Médicaments, économie et société

par Claude Le Pen,
économiste,
Professeur à l’Université Paris-Dauphine


Quelques chiffres

Le médicament représente près de 10% du budget de la Sécurité sociale (140 milliards de francs).  Les dépenses liées à la consommation de médicaments progressent toujours à un rythme élevé : 6,3 % en 1999 (+ 8,1 % en 1998)) (Rapport à la Commission des comptes)

Evolution de la consommation pharmaceutique
- par personne et par an depuis 1970

- en France depuis 1980 (en valeur et en volume)

Les prix des médicaments : comparaison européenne en 1997

Les remboursements de médicaments par l'assurance maladie.

Ventes de médicaments aux Etats-Unis : la croissance se poursuit.

La dernière étude sur les Médicaments remboursés par l'Assurance Maladie en 1999
Les tendances significatives
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Sites utiles
Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (ex-Agence française du Médicament)
Centre National Hospitalier d'Information sur le Médicament
Food & Drug Administration

Les prix des médicaments

Les génériques 

Enquête du magazine Le Point (26/05/2000) sur

les politiques successives En matière de médicament, "la politique de santé ressemble depuis des années à un poker menteur. La mise est énorme : émotionnelle pour les malades ; financière pour les cotisants-contribuables ; stratégique pour l'industrie pharmaceutique ; politique pour les pouvoirs publics."

L'évaluation économique du médicament a pour but d'identifier le traitement ou la stratégie thérapeutique qui est économiquement la plus efficiente. Evaluer le "service médical rendu" : "l'enjeu est de démontrer que le produit est cliniquement et économiquement efficient, c'est-à-dire que son utilisation apporte d'une part un bénéfice médical réel pour les patients et permet d'autre part une allocation optimale des ressources, nécessairement limitées, que la société peut consacrer à la santé de ses citoyens."  A ce jour, 148 médicaments au total sur les 1176 spécialités, qui ont été réévaluées en fonction de leur service médical rendu (SMR) par la Commission de la transparence, risqueraient de ne plus être remboursés. 

Mais à ce jour, si "le gouvernement avait bien annoncé un processus de grande ampleur pour mettre un terme à l'offre pléthorique, la montagne a accouché d'une souris. Il a seulement été procédé à quelques baisses de prix et de taux de remboursement" constate le Dr Bruno Toussaint, Directeur de la rédaction de la revue Prescrire.

Le SNIP signe un accord avec le Comité Economique du Médicament, par Claude Malhuret, le 1er août 1999.

Accord sectoriel du 19 juillet 1999 entre le comité économique du médicament et l'industrie pharmaceutique.

Le coût et l’organisation de la distribution pharmaceutique
par Dominique ETIENNE, le 08.11.1999 

Le chiffre d’affaires généré par les médicaments remboursables utilisés dans les soins de ville a été de 114 milliards de francs en 1998. 44% environ de ce montant couvre les coûts de diffusion des médicaments : promotion, publicité ainsi que distribution. La distribution, à elle seule, représente 33% du total, soit une augmentation de 3% par an depuis 1991. Dans son dernier rapport sur la Sécurité sociale, la Cour des Comptes a étudié de manière critique ces dépenses, qui pèsent sur les charges de l’assurance maladie. 

Pharmaceutical Policies In Oecd Countries: Reconciling Social And Industrial Goals --S. Jacobzone, document OCDE, avril 2000

Les politiques économiques du médicament, colloque Sciences Po - SNIP, oct.1999 : à lire :
Place du médicament au sein du système de soin Bernard Mesuré, Président du SNIP
Réseaux de soins et industrie pharmaceutique : quel degré d'implication ? Annie Chicoye, Economiste de la Santé, Président Directeur Général d'ACE
Pharmaco-économie : incantation, intoxication ou réalité. Où en est-on ? Claude Le Pen, Professeur à l'Université de Paris Dauphine

 

Les prix des médicaments

On distingue 4 classes de médicaments :
- ceux destinés à l'usage hospitalier : le pharmacien hospitalier négocie le prix avec le laboratoire.
- les médicaments prescrits en ambulatoire et délivrés uniquement sur ordonnance dont le prix et le taux de remboursement sont déterminés par les pouvoirs publics.
- les produits de médication familiale, ou O.T.C. (" over the counter ", càd en accès libre en pharmacie) : les laboratoires fixent librement le prix. Les automédications représentent un marché de 14 milliards de francs, soit 11% du marché pharmaceutique.

Le prix public TTC d'un médicament remboursable en 1999 (hors ventes directes) - Sources GERS 2000

Industrie
64,2%
Pharmacie
26,1%
Grossiste
3,8%
Etat
5,9%

Les marges des prix des médicaments en Europe

Les systèmes de prix en Europe


Les génériques

Définition

Lorqu'un laboratoire découvre un médicament, il garde l'exclusivité de sa commercialisation jusqu'à l'expiration du brevet ; il faut 17 années depuis la première mise sur le marché d'un produit avant qu'il tombe dans le domaine public. Une copie du produit original, ayant "la même composition qualitative et quantitative en principes actifs" (ordonnance du 24 avril 1996) peut alors être développée et commercialisée par un autre laboratoire. On l'appelle le médicament "générique". Les prix moins élevés s'expliquent par l'économie des frais de recherche initiaux.

Une place encore marginale en France

Les médicaments génériques sont passés de 1,8 % du marché des médicaments en France en 1998 à 2,4 % au début de 2001 et 2,9 % fin avril (en valeur).

En cumul mobile sur 12 mois à fin avril 2001, les génériques représentent environ 6,2 % de l'ensemble des unités vendues de médicaments remboursables (contre 4 % en 1999) et 2,9 % du chiffres d'affaires (contre 2 % en 1999).

Leur part est en revanche plus importante à l'hôpital (où ils représentent 20% en valeur du marché pharmaceutique hospitalier) en raison d'une libération des prix du médicament à l'hôpital en 1987.

Il est un facteur qui, outre le bas niveau des prix des produits princeps, explique cette faible pénétration des génériques en France, c'est le contrôle administratif des prix qui réduit les possibilités de manœuvre des laboratoires en matière de stratégie des prix.

Du côté des patients, le manque d'information sur les génériques et les malentendus sur leur nature et leur efficacité, du côté des médecins, l'attachement à la marque

Au total, les économies pour l'assurance maladie liées au développement des génériques ont été de l'ordre de seulement
600 millions de francs en 2000. Les efforts pour promouvoir le générique doivent donc être amplifiés.
Si le plan de février 1998 prévoyait de "doubler la part des génériques dans la consommation pharmaceutique entre début 1998 et fin 1999", cet objectif n'est toujours pas atteint en 2001.

Un marché en pleine expansion à l'étranger

La part de marché des génériques ne cesse de s'accroître rapidement aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, mais aussi aux Pays-Bas et au Canada. Aux Etats-Unis, ce marché représente 6 milliards de dollars (environ 30 milliards de francs), soit 20 % de l'ensemble des prescriptions en valeur et plus de 45% en volume. En Allemagne, il s'élève à environ 5 milliards de D.M. (environ 18 milliards de francs), soit 33 % des prescriptions en volume, et 24% en valeur. La réforme Blüm de 1989 qui a mis en place un forfait de remboursement a initié. ce développement.

Trois questions à... Philippe Ranty, directeur général de GNR Pharma, filiale de l'allemand BASF. Interview paru dans Le monde, jeudi 20 avril 2000.

35% d’économies grâce à la substitution par des génériques
par Dominique Etienne, mai 1999 
35% d’économies réalisées sur le coût du médicament en France grâce à la substitution de médicaments de marque par des génériques : c’est l’objectif demandé aux pharmaciens dans le cadre du protocole d’accord (cliquezici pour consulter  l’arrêté ministériel) signé entre l’Etat et les pharmaciens sur leur nouvelle rémunération.


 

 

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