|
Délinquance
: responsabiliser les parents
Pierre Cardo, député
des Yvelines
Q :Vous avez proposé
depuis longtemps des mesures en direction des mineurs,
notamment concernant la
responsabilisation des parents. Qu’en est-il aujourd’hui
?
Ce qui me frappe le plus, c'est le phénomène
de l'errance des jeunes, dont l'éducation n'est
plus faite par la famille ni par les institutions, mais
dans la rue par les plus grands, qui ne cherchent pas
du tout à s'insérer dans la société.
Au-delà du lourd dossier de l’école, sur
lequel il y a beaucoup à faire, je crois qu’il
faut avant tout que les parents reprennent leurs responsabilités
et réinvestissent un terrain qu’ils ont progressivement
abandonné. Protéger les mineurs en leur
imposant ce que l’on a appelé un "couvre-feu",
qui consiste à les ramener chez eux lorqu’ils
trainent dehors après une certaine heure du soir,
responsabiliser les parents dont les enfants sont des
mineurs récidivistes, par la mise sous tutelle
des allocations familiales me paraissent des mesures
de bon sens. Ces propositions ont fait couler beaucoup
d’encre à l’époque, mais elles font leur
chemin.
Q : Quelle politique préconisez-vous
aujourd’hui en direction des jeunes ?
A 13 ou 14 ans, nombre de jeunes qui passent devant
le juge pour enfants ont déjà perdu tout
repère, tout sens des limites, et c'est en toute
insouciance qu'ils commettent des actes délictueux.
L’opposition entre prévention et répression
n'a eu à ce jour de résultat que l'immobilisme
et l'absence de réponse. Il est inacceptable
qu'il existe des quartiers dans lesquels les règles
de l'Etat républicain n'ont plus droit de cité,
dans lesquels la police rase les murs. Il faut envisager
le problème de la sécurité en tenant
compte de l’ensemble des données du problème
: police, justice, école, environnement urbain,
et instituer le travail en réseau des acteurs.
Q
: A quelles mesures concrètes pensez-vous par
exemple ?
Il faut redéfinir le travail de la police. Les
polices de proximité doivent être développées
et ce ne sont pas les auxiliaires de sécurité,
mis en place par le gouvernement socialiste et qui ne
sont pas formés pour mener des enquêtes,
qui permettent de répondre aux attentes de la
population.
Il faut également mettre fin aux dénis
de justice et aux classements sans suite des plaintes.
La Justice ne se remet jamais en cause et la politique
des parquets est incomprise par les habitants.
Retour
|